Restauration des Paysages Forestiers

  • Restauration des Paysages Forestiers

  • Madagascar est un pays insulaire qui souffre beaucoup de la dégradation environnementale. Le niveau de vie des malgaches a décliné dramatiquement les dernières décennies.1 La majorité de la population est rurale avec des moyens d’existence dépendant des activités agricoles. La dégradation des terres est un problème grave pour ces paysans déjà très pauvres. La restauration des paysages forestiers (RPF) a pour but d’augmenter la productivité de ces terres pour les objectifs socio économiques et environnementaux.

    L’engagement politique de Madagascar d’intensifier ses efforts afin de restaurer ses écosystèmes et terres dégradées a été confirmé au niveau international.2 En décembre 2015 lors du Global Landscapes Forum, en marge des négociations sur le changement climatique à Paris (COP 21) a été lancée l’initiative de Restauration des Paysages Forestiers en Afrique (AFR 100). L’AFR 100 prévoit 100 millions d’ha de RPF pour les pays africains d’ici à 2030. Madagascar fait partie d’un des 10 pays qui se sont engagés officiellement dans l’AFR 100 avec une première promesse de restaurer 4 millions d’hectares d’ici à 2030.

    L’objectif de cette étude est de faire une analyse des opportunités RPF à Madagascar, y com-pris les perspectives, les approches et les initiatives existantes pour soutenir le gouvernement de Madagascar dans le développement d’une stratégie nationale RPF et assurer la mise en oeuvre rapide. Ce rapport présente l’analyse détaillée du potentiel de la RPF pour trois régions de Madagascar, avec des extensions de résultats à l’échelle du pays. La préparation a eu lieu en septembre, le travail de terrain en octobre et novembre et la restitution en novembre 2015. L’étude a été réalisée par le consortium UNIQUE forestry and land use et ECO Consulting group en collaboration avec deux experts nationaux mise à disposition par la GIZ-Madagascar, à savoir Julien Noël Rakotoarisoa et Clarck Rabenandrasana, avec Eric Lacroix (UNIQUE) comme chef d’équipe. La méthodologie appliquée se base sur la méthodologie d’évaluation des opportunités de restauration (MEOR, initialement développée par UICN), adaptée et améliorée par rapport aux enjeux du cadre favorable et des modèles de commerce grâce à une étude de cas préalable menée en Ethiopie par UNIQUE.

    La MEOR permet d’identifier et de structurer les priorités nationales et sous-nationales, de proposer des modèles avec calculs de coûts et bénéfices et atténuation d’émissions de carbone attendues. Ensuite, l’attention se focalise sur la mise en oeuvre de la RPF, en chiffrant les investissements requis pour réaliser chaque option RPF, l’identification des modèles de commerce spécifiques et les éléments du cadre favorable pour que les moyens financiers limités des bailleurs de fonds puissent agir comme „levier“ qui attire les investissements du secteur privé. De nombreuses initiatives basées sur les principes de la RPF existent déjà à Madagascar –les Reboisements Villageois Individuels (RVI), le projet WWF/UICN qui a aménagé un paysage dans son intégralité, les plantations de pins, entre-autres. Actuellement, il existe un besoin d’analyser la situation pour réaliser la mise à l’échelle (upscaling) grâce à des investissements importants et l’engagement du secteur privé. C’est pourquoi le BMZ a mandaté la GIZ pour évaluer les potentialités de RPF à Madagascar, y compris le cadre favorable pour attirer les investissements publics et privés dans la RPF.

    Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), en tant qu’institution de tutelle de la présente étude, a présidé un atelier de lancement de l’étude, lors duquel trois régions ont été sélectionnées pour leur représentation des zones sèches, des 16 zones humides et des hauts plateaux. Seule l’écorégion des forêts épineuses a été écartée de l’analyse, principalement et cause de sa similarité avec l’écorégion des forêts sèches. Etant donné un potentiel énorme en termes de superficies et de types de restauration possibles, ce choix permet d’avancer vers la mise en oeuvre des premières actions sur le terrain.

 

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