CHEMOBS ou Observatoire Integré en Santé et Environnement Vis-à-Vis des Impacts des Produits Chimiques

Chemobs : Définition et Objectif

Le Chemobs* ou Chemicals Observatory ou Observatoire des produits chimiques est un prototype d’observatoire national intégré en Santé et Environnement vis à vis des impacts des produits chimiques, initié par le PNUE dans neuf pays d’Afrique dont Madagascar.

Le Chemobs entre dans le cadre de la mise en œuvre de la DEClARATION de LIBREVILLE sur la santé et l’environnement et est ainsi Co-coordonné conjointement par le MEDD, représenté par Mme Marthe RAHELIMALALA, Point Focal de la SAICM ou Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques, et le MSANP, représenté par Dr Norohasina RAKOTOARISON, Point focal de la déclaration de Libreville

Les étapes préliminaires jusqu’à l’opérationnalisation du ChemObs est financé par le FEM avec l’OMS local comme agence d’Exécution.

L’objectif de l’Observatoire Chemobs est ainsi d’améliorer la capacité d’observation et d’information pour prédire, prévenir, communiquer et agir vis-à-vis des impacts sanitaires et environnementaux probables ou réels liés aux produits chimiques qui va aider à la prise de décision et d’intervention en temps réel.

Pourquoi Chemobs*ou Observatoire des produits chimiques?

En premier lieu, il convient de souligner que les produits chimiques, à commencer par les plus élémentaires comme les pâtes à dentifrices, les crèmes à raser, …,  les médicaments, lubrifiants, pesticides, produits industriels, miniers et beaucoup tant d’autres, constituent à la fois des éléments importants de développement économiques et social. Toutefois, ils peuvent aussi être des sources importantes de dangers car leurs compositions qui semblent parfois dangereuses sont invisibles ou méconnues. D’où l’apparition des maladies et des problèmes environnementaux

Compte tenu de ces problèmes, la question de la gestion rationnelle des produits chimiques est liée dans plusieurs ODDs : 6,8,9,11,14,1,et 17, et en matière de mise en œuvre, l’opérationnalisation du ChemObs au sein de la Direction Générale du Développement Durable, dirigée par Madame le Directeur Générale du Développement Durable, en la personne de Ony RABEARIVOLOLONA, constitue une des activités qui va à l’encontre de ces objectifs.

a) Quelques illustrations présentant les problèmes des produits chimiques dans divers pays :

Photo 1 – Zone déversée par des produits toxiques en Côte d’Ivoire en 2006
Photos 2 – Victimes ivoiriens de produits chimiques en 2006: Beaucoup sont toujours en attente d’indemnisation. Bilan: 15 morts et des dizaines de milliers de malades.
Photo 3 – Malformations d’un bébé vietnamien dues à des mutations génétiques acquises par les parents contaminés par la Dioxine – un produit chimique hautement toxique qui subsistent longtemps dans l’environnement, s’infiltrent dans le sol, l’eau et la chaîne alimentaire et contamine l’homme, et les animaux et la biodiversité.
Photo 4 – À la demande du groupe écologiste EWG, deux laboratoires européens ont détecté des produits chimiques dans des échantillons de sang de cordon ombilical. De ces produits, il y en a qui sont cancérigènes, neurotoxiques et ceux pouvant causer des malformations congénitales.
Photo 5 – Une gigantesque incendie a ravagé des immeubles d’habitation de Dacca-Bengladesh, où étaient entreposés illégalement des produits chimiques, causé par le non-respect des normes de sécurité Source :AFP /Munir UZ ZAMAN Bilan des pompiers et médecins : 70 morts et environ 55 blessés, dont 10 étaient dans un état critique.
Photo 6 – Explosion d’un usine Chimique à Rouen  Source :AFP –Septembre 2019
Photo 7 – Des restes de toits amiantés (cancérigènes) rejetés en plein air

Ces illustrations montrent que les problématiques des produits chimiques sont d’une envergure mondiale que tous les pays affrontent et doivent faire face.

Madagascar n’est pas aussi épargné par les problèmes des produits chimiques :
➢ Une explosion de l’entrepôt des produits chimiques de Hoechst a eu lieu en 1995 à Ankorondrano ayant fait une vingtaine de victime avec d’énorme dégât d’infrastructure et de matériels;
➢ Tout récemment, en ce mois d’octobre 2019 , l’analyse des terreaux de la décharge d’Andralanitra réalisée dans le cadre du Programme d’Identification de Site toxique dispensé par l’ organisation internationale PURE EARTH a révélé que l’analyse du sol contenait de métaux toxiques des valeurs atteignant jusqu’à 25 ppm pour le mercure ; 609 ppm pour le Plomb, 42,5 ppm pour l’arsenic lesquels polluent probablement la nappe d’eau souterraine, les rizières et les rivières.
➢ L’OMS a fait état d’augmentation importante de maladies pulmonaire en cette année 2019. La pollution de l’air intérieur par le dioxyde carbone du charbon et celle causée par les déchets dangereux brulés en permanence par les fouilleurs d’ordures pourrait en être parmi les causes.

La gestion des Produits Chimiques et ChemObs
Les trois cas de Madagascar sus cités ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Le grand problème dans le pays réside entre autre sur l’absence d’un système intégré d’identification et de gestion des données sur les problèmes liés aux produits chimiques aussi bien que de la détermination du lien de cause à effet, d’où l’Observatoire Chemobs qui va permettre d’intervenir de manière plus efficace au-devant des risques et dangers chimiques qui peuvent se produire.
Par rapport à son objectif, l’Observatoire ChemObs est ainsi prévu pour renforcer les capacités de collecte de données liés aux problèmes des produits chimiques entrant et circulant dans le pays, et ce , suivant leur cycle de vie, c-à-d de l’importation, du transport, stockage, distribution / vente, utilisation et élimination. Ce sont ces données qui constituent les éléments primordiaux.

L’observatoire ChemOBS est ainsi indispensables pour :
– Aider et faciliter les analyses de situation et le mapping ;
– Permettre d’établir le système intégré de suivi et de surveillance de la santé humaine et de l’environnement en relations avec les produits chimiques;
– Servir à déterminer les communications sur la gestion et réduction des risques, la sensibilisation de la communauté et plus spécifiquement ;
– Aider à la prise de décision en temps réel en cas de danger chimique imminent aussi bien que pour des orientations politiques visant la gestion rationnelle de ces produits au niveau national.

LES REALISATIONS
Depuis son démarrage en juillet 2019, les activités réalisées menant vers l’opérationnalisation effective du ChemObs se résument comme suit:
a. Imprégnation sur la mise en opérationnalisation d’un Observatoire à travers l’échange et étude juridique et institutionnelle de l’observatoire de l’IHSM de TULEAR déjà fonctionnel ;

b. Etablissement du cadre logique des interventions avec détermination des activités à mener selon les quatre (4) objectifs du ChemObs : Prédire les dangers, Prévenir les dangers, Communiquer les risques et les mesures et Agir pour éviter ou lutter contre les dégâts sanitaires et environnementaux ;

c. Détermination des données à collecter, des outils et procédure de collecte ;

Etude de l’arrangement institutionnel avec les parties prenantes concernées qui ont travaillé ensemble pour l’opérationnalisation du ChemObs : Min Environnement et Développement Durable (Points focaux BRS, Hg et SAICM), Min. Santé Publique (Service santé et environnement, UNIMINTOX, Palu, Direction de veille sanitaire), MinAgriculture pour les pesticides et engrais chimiques, la Douanes sur les contrôles des importations, Min Fonction publique pour la protection des travailleurs industriels, Min Industrie pour l collaboration avec les industries pollueurs, Min Commerce sur les ventes de produits dangereux , Min Eau , Min Population et Office national Nutrition sur la lutte contre la pollution dans ces domaines, le Secteur privé Vohitra environnement en traitement des déchets dangereux, l’ INSTAT sur les données statistiques et le BNGRC pour l’intervention en cas de catastrophe chimique.

d. Détermination des besoins en renforcement des capacités : En effet, en parallèle avec le renforcement du cadre d’opérationnalisation du Chemobs, le projet prévoit aussi le renforcement du cadre juridique et institutionnel à l’endroit des secteurs publics clés afin qu’ils prennent leur responsabilité en matière de prévention et d’intervention, chacun en ce qui le concerne, pour réduire et éviter dès en amont, les dangers liés aux produits chimiques.

Ces besoins seront à prioriser et présenter au FEM à travers l’OMS pour être réalisés.

CONCLUSION :
Madagascar bénéficie de cette grande opportunité de disposer d’un observatoire sur les produits chimiques dénommé « ChemObs », localisé à Ampandrianomby. Les étapes de mise en opérationnalisation vont bon train avec l’appui du FEM, du PNUE et de l’OMS comme Agence d’éxecution. Toutefois, il convient d’ores et déjà, de prévoir les prochaines étapes après projet, notamment sur le plan financier pour la pérennisation de l’Observatoire au bénéfice de la santé de la génération future et de notre environnement vis-à-vis des pollutions chimiques qui vont, grandissants.

 

 

 

Evenements

2 Dec 2019

COP25

Thématiques

Ministère de l'Environnement et du Développement Durable, © 2019